HARMONIE-FANFARE

Musique municipale officielle de la ville de Carouge.

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Historique de la société

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Logo du Webmaster Traiter de l'histoire d'une société plus que centenaire, comme celle de la Musique Municipale de Carouge, est très ardu. Que dire? Ce qui peut paraître important pour certaines personnes ne l'est peut-être pas pour d'autres...

Heureusement, pour moi, les cents premières années ont déjà fait le sujet d'une plaquette-souvenir publiée en 1983 et rédigée par Bernard Guillet. Je n'ai fais que de retranscrire certains passages sur cette page. J'en profite pour le remercier de m'avoir facilité la tâche par son travail. Et puis je n'aime pas les archives, c'est plein de poussière !

Si cela vous intéresse vous pouvez trouver une version complète de ce document, réalisée pour l'occasion, en document pdf pdf (2.6Mo).

Le problème, qui c'est posé, est de savoir quelles parties choisir. Je n'est pas fait une liste exhaustive des services et des évènements, ce serai trop rébarbatif pour le lecteur. Je n'ai pas non plus fait un recueil d'anecdotes, ce qui pourrai être déroutant pour un lecteur qui ne connais pas les moeurs carougeoises.

J'ai donc simplement regroupé certain événements en insistant plus ou moins sur certains, c'est une sélèction personnelle qui n'engage que moi.

• le webmaster

Le 21 octobre 1879, M. Joseph Hoïler, responsable de la Bibliothèque et directeur de la Lyre, écrivait à M. le Maire Auguste Matthieu pour lui transmettre les statuts d’une fanfare carougeoise (...) Ainsi, la première Fanfare de Carouge fut fondée lors de l’assemblée générale du 9 octobre 1879. Elle fut intimement liée au Corps des sapeurs-pompiers, en portait le costume et fut commandée par un officier de ce Corps.

Hélas, l’entente laissa à désirer lors de la fête des Promotions de juillet 1881. Le 25 juillet, le secrétaire M. Brand envoya au capitaine des pompiers, M. G. Willemin, la démission de tous les musiciens.

Mais était-ce vraiment le début de notre Fanfare ? M. James Chaulmontet, président de la société relatait dans le programme officiel du cinquantenaire qu’en 1873, une fanfare forte de 15 musiciens avait vu le jour (...) Malheureusement nous n’avons pas trouvé trace de ce groupe dans les archives communales. C’est un mystère qui n’est pas prêt d’être éclairci.

Il faudra attendre 1883 pour que la Fanfare soit recréée avec des anciens et des nouveaux musiciens et cette fois-ci il n’y aura plus d’interruption jusqu’à nos jours...

C’est ainsi que naquit la Fanfare de Carouge. Elle se produisit pour la première fois, forte de 15 musiciens, au cortège de la fête communale (Vogue) de 1883. M. Duparc en accepta la présidence et la direction fut confiée à un amateur de grande valeur, M. Mulier, bugle-solo à l’Union Instrumentale...

Première Photo de La Fanfare de Carouge 1891
La première photo complète de notre Fanfare en 1891.
Le président est A. Voirier et le directeur J. Schweizer.
Sous la baguette de M. Jean Schweizer, la Fanfare de Carouge participa à de nombreux concours et remporta de nombreux prix attestés par les diplômes et les médailles qui se trouvent actuellement dans son local...

Ce fut d’abord à Thonon en 1885 que la Fanfare, concourant en 3e division remporta deux premiers prix et en revint couverte de lauriers. Cette même année, les dames et les demoiselles de Carouge offrirent à la société un magnifique drapeau...

Une année plus tard (en 1891), la Fanfare était en 2 e division et prit part au concours musical de Beaune en Côte d’Or où elle reçut un premier prix et deux seconds prix.

Ce fut au grand concours de Saint-Gervais, organisé à l’occasion de la Vogue de 1897 que la Fanfare accéda à la ire division après avoir remporté trois premiers prix.

Cette même année (1902), le président engagea la société à participer au grand concours international de musique à Grenoble à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance d’Hector Berlioz. (...) Malgré la valeur des sociétés concurrentes, 2 premiers prix et 1 second furent décernés à notre valeureuse musique communale.

Sous la présidence de M. Brand, la Fanfare organisa la magnifique fête carougeoise des 8, 9 et 10 juin 1907. On y vit affluer à l’ancien Stand des milliers de personnes pour entendre la Musique municipale de Belfort qui prêtait son concours à cette manifestation.

Les événements de 1914 paralysèrent complètement la marche de la société. Les répétitions furent arrêtées pendant une année. La guerre priva notre Fanfare d’un grand nombre de ses membres les plus dévoués, (...) Quelques membres servirent sous le drapeau français et allèrent se battre à Verdun. D’autre gardèrent vaillamment nos frontières.

Ce fut pour notre société une période sombre et difficile. Les répétitions devinrent irrégulières et furent peu fréquentées. La morosité s’installa.

Le premier déplacement à l’étranger d’après-guerre amena les musiciens en Savoie, à Cluses et à Samoëns, les 12 et 13 août 1922. Tout avait été préparé minutieusement. (...) M. le Maire, à son tour prononça un vibrant discours. En voici quelques extraits.

"Je vous donne à tous, amis de Carouge, une accolade fraternelle. Il n’existe pas plus de frontières pour les coeurs qu’il n’en existe pour les hommes de même sang. Oui, Carouge est née savoyarde et comme Cluses est fille des ducs de Savoie. Les exigences de la diplomatie ont pu nous séparer mais notre sang nous crie fraternité ! Rouge et jaune ! Nos couleurs à nous Faucignerands sont les vôtres et le vieil adage retrouve toute sa force entre nous: Nos coeurs vont où coulent nos rivières. Maintenant plus que jamais, aujourd’hui plus qu’hier nous vous aimons. Enfants de la noble Helvétie... !"

(...) De retour à 11 h. 30 un concert fut donné sur la place publique. Au retour, la Fanfare s’arrêta à Saint-Jeoire et eut la délicate pensée de jouer les Allobroges, Ô Monts indépendants et La Marseillaise, devant le monument des poilus...

L’arrivée joyeuse se fit à 20 h. devant le local où des flammes de bengale avaient été allumées. Ce déplacement laissa un souvenir inoubliable.
Affiche du 50e de La Fanfare de Carouge 1933
L'affiche du 50e. Lithographie de Louis Cottier. Imprimerie Félix Gallay.
Les 6 et 7 juin 1925, lors des fêtes d’inauguration du monument du centenaire de la réunion des communes sardes à la République de Genève, la Fanfare fut nommée musique d’honneur. Pour être à la hauteur de sa tâche le président fit appel à d’anciens musiciens carougeois pour augmenter son effectif. De plus, le comité loua des costumes à la maison Kaiser à Bâle. Le choix se porta sur le costume de la musique militaire de Landwehr de Genève, appelée musique rouge de 1814.

L’année 1933 fut celle des jubilés de plusieurs sociétés de musique du canton, les musiques municipales de Carouge et de Plan-les-Ouates et de l’Harmonie Nautique.

Les dates des 10 et 11 juin 1933 furent retenues pour fêter ce cinquantenaire. Le samedi après-midi les festivités commencèrent avec un air de kermesse par l’ouverture des comptoirs: poterie, fleurs, crèmerie, tabac, margotton, pêche miraculeuse, roue de bonne fortune, saucisses, etc. Au même moment débutait le concours de tir au flobert dans le préau du Stand.

Le soir, il y eut un grand concert populaire et gratuit avec le bienveillant concours de Mlle Siebenmann, soprano; Mlle Piccolotti, cantatrice; M. Her- mann, diseur; M. A. Greffier, baryton ainsi que de nombreuses sociétés carougeoises.

La Fanfare exécuta pour la première fois la marche du cinquantenaire composée par son directeur M. William Dunand.

Cette soirée obtint un immense succès dans cette Salle des fêtes qui avait été complètement restaurée pour la circonstance avec une nouvelle buvette, des vestiaires et un parquet flambant neuf, testé le soir même lors du grand bal...

Le dimanche commença par une manifestation patriotique au Rondeau. Puis le banquet populaire suivit à la Salle des fêtes préparé par M. Schneider, tenancier de l’Hôtel du Stand, qui était également le chauffeur des cars de voyage Schneider. (...) Il y eut plus de deux cents convives. (...) Ce banquet mémorable terminé, le cortège s’ébranla à l’heure carougeoise, c’est-à-dire à quarante-cinq minutes près, de l’heure indiquée dans le programme. On dit que ce dernier fut une réjouissante surprise pour la foule dense massée sur son parcours. Emmenés par le capitaine Jean Tagini défilèrent les Argoulets, les Vieux Grenadiers, les Ondins, les éclaireurs avec les drapeaux des Communes Réunies, les Fanfares de Carouge et Lancy, la Gym au grand complet, la délégations de toutes les sociétés carougeoises et bien entendu notre Compagnie des sapeurs-pompiers; les chars fleuris, dont plusieurs furent dessinés et préparés par M. Hornung, fleuriste communal, obtinrent un très grand succès.

Après le cortège, dans le préau du Stand le spectacle continua avec un concert donné par les sociétés invitées, des productions gymniques et l’exécution de la cantate Chez nous Genève par un ensemble vocal de 200 membres dirigés par M. Dunand.

Ainsi se termina dans la joie ce cinquantenaire dignement fêté.
Premier Costume de La Fanfare de Carouge 1945
La Fanfare pose en 1945 avec son premier costume.
Depuis 1939, on parlait à Carouge d’un costume pour la Fanfare. Mais ce n’était pas le moment à l’heure où la crise déferlait sur la planète. De plus les finances de la Commune n’étaient pas excellentes. Mais à Sion, la Fanfare ainsi que le maire Jolivet ressentirent un certain malaise et firent figure de parents pauvres sans uniforme avec leurs casquette face à l’Harmonie de Sion dans son magnifique costume. (...) la date de l’inauguration officielle du costume fut fixée le dimanche 21 février 1943.

C’est vrai, 1943 fut une grande année pour la Fanfare. En plus de l’inauguration de son premier costume, il y eut la naissance d’un groupe de tambours, l’adoption des nouveaux statuts par l’assemblée générale, le festival de musique du 60e anniversaire et enfin la première soirée de Noël des enfants de la Fanfare...

A peine la guerre finie, nos fanfarons reprirent les sorties «à l’étranger», c’est-à-dire au-delà du Pont de Carouge...

En 1947, le président Dupanloup, atteint dans sa santé, et s’estimant trop âgé, démissionna de son poste. (...) Pour lui succéder, ce dernier fit appel à M. René Doria, président de la Foire de Genève. Très rapidement il fit changer le nom de la société, car il estimait que le mot « Fanfare» était péjoratif pour la première société de la ville de Carouge. Il proposa: Musique municipale de Carouge...

En 1960, se déroula la dernière soirée d’automne de la Fanfare. Depuis 1934, elle ouvrait au mois d’octobre la série des soirées des principales sociétés de notre commune. Toute la population accourait et avait plaisir à se retrouver dans la vieille Salle des Fêtes. Le programme était assuré en première partie par la Fanfare et les autres sociétés carougeoises. Après l’entracte, c’était souvent une opérette ou une pièce comique, un corps de ballet, des tours de cabaret, des sketches désopilants animés comme en 1948 et 1949 par Michel Simon fils, dit François par la suite, et William Jacques de Radio Genève et des chanteurs et chanteuses d’opéra. Il y avait des stands divers et la traditionnelle tombola américaine. Le bal enchaînait vers 23 heures et se terminait au petit jour...

En 1960, les costumes de 1943 étaient usés et en mauvais état. Ils s’étaient mis à être tristes avec leur tissu de laine noire. Et puis, si on voulait attirer des jeunes musiciens, il fallait quelque chose de gai, de moderne. Le comité, après une visite auprès des Autorités municipales, décida de créer un nouvel uniforme. Le 31 mars, lors d’une répétition, le costumier chef Camille Melloni le présenta. Confectionné par la fabrique suisse d’uniformes, il était en gabardine bleu-clair...

Si les traditions disparaissent, d’autres naissent. Pour la première fois en décembre 1961, la Fanfare accompagna le Père Noël en calèche dans les rues de Carouge et dans le quartier des Acacias, avec la distribution de cadeaux aux enfants par l’Association de ce quartier...
Costume Historique de La Municipale de Carouge 1945
La Fanfare défile avec l’uniforme de gala (1972) lors de la Fête fédérale de gymnastique en juin 1978.
Pour être plus souvent invité à des manifestations extérieures, pour attirer de nouveaux jeunes et pour jouer aussi une autre musique, le comité décida de doter la Fanfare d’un costume historique. Ce dernier, dit aussi de gala, inspiré des cavaliers du Roi de Sardaigne du XVIIIe siècle, fut dessiné par le vice-président Jean Cattin qui poussa sa recherche jusqu’à la bibliothèque de Chambéry. (...) Sous une pluie diluvienne, il fut inauguré lors de la Vogue. Pour l’accompagner, l’ancien président Robert Ducret offrit un deuxième drapeau en 1976.

Dès sa fondation, la Fanfare avait toujours formé des élèves musiciens, mais jamais en grand nombre. En 1962, le comité y avait renoncé. On assista dans les années suivantes à une baisse régulière des effectifs.

En 1973, sous l’impulsion du directeur, M. Jean-Jacques Mello, la Fanfare créa une véritable école de musique qui obtint tout de suite beaucoup de succès. Cela obligea le comité à engager des professeurs de l’extérieur pour la cinquantaine d’élèves inscrits.

En 1980, le comité chargea Bernard Guillet de présider les festivités du 100e anniversaire. Ce dernier s’entoura d’un petit groupe de quatre personnes (Chantal Tolck, Jean-Paul Nicolier, Robert Besse et Jean Mâchler) pour former le comité du 100e.

Pour mener à bien sa tâche, ce petit comité décida d’étaler les festivités sur deux ans. Pour annoncer celles-ci et aussi pour que le 100 e reste dans les mémoires, des autocollants, des verres et des pichets de vin, une plaquette historique et un disque ont été prévus pour la Vogue 1982. Sur ce disque a été enregistré la marche du 100e anniversaire appelée «Marche du Léopard». Elle est l’oeuvre de l’ancien directeur M. Jacques Duhamel.

Les autres grands événements seront la Vogue 1982 et le concert de gala dans le cadre du Printemps carougeois 1983 avec en vedette la Landwehr de Fribourg. Pour terminer, bien sûr, nous vivrons un solennel banquet du 100e.

Ici, se termine l'Historique des cents premières années de notre société, l'historique plus récente sera traitée prochainement. En attendant, je rappelle que la totalité de cette histoire, dont sont extrait ces passages, est disponible dans un document pdf  pdf (2.6Mo).

PRÉSIDENTS DIRECTEURS
DUPARC Gustave 1883-1885 MULLER 1883
VAUTIER Adolphe 1885-1888 SCHWEIZER Jean 1883-1903
VOIRIER André 1888-1895 FILLION Maxime 1903-1908
MERMILLOD Gaspard 1895-1900 PAGÈS Paul 1908-1909
DUBELLY Pierre 1900-1905 BOURGEOIS Louis 1909-1914
BRAND Antoine 1905-1908 SCHWEIZER Jean 1916-1919
PELLETIER David 1908-1909 RICHARD Edouard 1919-1931
DUNAND Joseph 1909-1913 DUNAND William 1931-1950
CHAULMONTET James 1913-1919 GALLAY Fernand 1950-1961
THÉVENOD Emile 1920-1930 DUHAMEL Jacques 1961-1969
CHAULMONTET James 1930-1937 MELLO Jean-Jacques 1969-1987
DUPANLOUP Claudius 1937-1947 METRAL Philippe 1987-1991
DORIA René 1947-1949 BAGNOUD Alain 1991-1995
MATTHEY Hermann 1949-1950 PECORINI Stéphane 1995-1998
NUSSBAUM Alfred 1950-1964 GARDET Jean-Charles 1998-2005
DUCRET Robert 1964-1973 DAVIET Jean-Marc 2005-2006
MANINI Jean 1973-1976 PARAIRE Jean-Marie 2006
MONTESSUIT Jean 1976-1988 
ZANONE Raymond 1988-1993 
MONET Daniel 1993