HARMONIE-FANFARE

Musique municipale officielle de la ville de Carouge.

›› En savoir plus


Banner Bastringue News

Anecdotes, Fanfaronades, Commerages et Autres Ragots de la Société
le tout traité avec malice et mauvaise foi.
NUMÉRO 04 MARDI, 12 JANVIER 2010 GRATUIT

Petit historique de la cornemuse dans la cité sarde & anecdotes diverses (part 2)
 
Par le pipe major
Un membre de la MMC


Suite et fin de l'article n°3 de la gazette ou: 'Pourquoi a-t-on des cornemuses à la Musique municipale de Carouge ?'



  L'histoire reprend en 1782 lorsqu'un neveu du cornemuseur, un shiant, vient s'installer dans la commune. Ce grand rouquin au visage empourpré musicien à ses heures, quitte sa terre natale pour vivre à côté de la dépouille de son oncle favori, y démarrer une activité de tenancier, et y ouvrir l'un des plus célèbres bars libertins de l'époque, le lion rouge.

  Parmi les clients les plus assidus de cet estaminet nous rencontrons, alain De Bagne concepteur de machines électrostatiques, pour le service des inventeurs (S.I.) du roi gobelin et beau-père du tenancier, glaudius transporteur de volailles, momo le noir conteur, johan-marcus de haute-route investigateur du royaume troll, le lion, et bien d'autres, voltigeant gaiement parmi les filles de joie. Tout commence un soir lorsqu' alain De Bagne pris d'un mal de ventre demande une cuillerée de bicarbonate. Sa fille Stéphanie une solide bougresse sans peur et sans vergogne, fiancée du shiant, voyant son père dans cet état se met à hurler que c'est bien fait pour lui, qu'il n'a qu'à continuer à écluser sa vinasse, et traîner sa pauvre carcasse dans les troquets pendant que ses filles et sa mère se démènent pour trouver le sou, et que si le bon dieu avait pitié un tant soit peux d'elles il ferait mieux de l'étouffer avec sa poudre de charlatan, pendant qu'elle est obligée de travailler comme une démente et faire des extra en jouant de la cornemuse devant les arrêts des calèches des TPG (transports publics gobelins).

  Tous les convives sont horrifiés par les propos de cette jeune-fille, et le pauvre alain d'en rester coi. La détresse se lisant sur ses yeux il se retourne dans l'établissement et contemple les regards médusés de tous les clients. Un moment d'abattement le prend et la cuillère de bicarbonate tombe dans le vin blanc. A ce moment même un phénomène étrange surprend tous les convives, le verre du pauvre alain se met à pétiller et à mousser sans discontinuer, la rencontre du blanc maison avec sa mixture venant de provoquer cette étrange réaction. Curieux et un peu téméraire alain De Bagne goûte ce breuvage moussant. Passé le moment de stupeur, il lance à la cantonade, " et les gars goutez moi ça, c'est super sympa à boire " Tout l'estaminet se précipite pour testez ce nouvel élixir, et tous sont unanimes sur l'aspect convivial de la boisson.

  La soirée va bon train, et l'on peut entendre les clients railler fort tard, sous les hurlements du Glaudius qui hèle tous les nouveaux venus avec son cri de guerre " on est bien, là ".
Le lendemain matin, alain De Bagne et le tavernier commencent à discuter de cette étrange soirée et de leur découverte toute fortuite. Suite à de longues palabres ils scellent un accord en vue de commercialiser leur boisson dans l'établissement.

  Dès lors toute la commune et les régions limitrophes se pressent pour festoyer au son des cornemuses et boire moultes coupettes de ce breuvage à la mode, connu dès lors comme vin blanc de shiant-bagne AOC (Appellation d'Origine Carougeoise). La fortune des De Bagne est faite, mais elle sera de courte durée face aux jalousies et aux attaques de moines cellériers français produisant une piquette moussante au nord-est de leur pays.



  Comment des lions se sont-ils établis à Carouge ?

  Un tracé historique de ces fauves à travers l'Europe, a pu être expliqué grâce aux écrits d'un moine allemand du Ve siècle, Marc Chardon de Ense. Ce manuscrit retrouvé s'intitule, Codex turismus et peregrinatio leonis.

  Cet ouvrage nous apprend que l'apparition de félidés débute au Ier siècle après J.C lorsque Genava; alors cité romaine se dota d'une arène pour y faire combattre esclaves et fauves.

  D'abord occasionnels, les jeux du cirque furent de plus en plus appréciés, et connurent leur apogée au IIe siècle en comptant pas moins de deux-cents de ces animaux en son sein. Toute cette faune gladiatrice et animale était dirigée par le lanista Franciscus Waridelus, célèbre dans tout le territoire des Helvètes Les siècles passèrent, mais à l'effondrement de l'empire l'arène fut abandonnée et les lions se scindèrent en quatre familles distinctes:
Les plus vieux et les plus malades finirent leur paisible existence au bord du rhône, où il furent ensevelis et où un monument leur fut dédié (actuellement le passage des lions près de la rue de la confédération).
Une deuxième lignée pris la route en direction du sud de la gaule transalpine et s'établi a Lugdunum (Lyon).
La troisième préféra les contrée du nord gaulois où la viande y était plus grasse et décida de résider auprès des peuples Icaunais (actuel département de l'Hyonne)
La quatrième lignée se répandit quant à elle sur les berges de l'arve, car cette terre était fertile en pissenlits ou dent-de lion, herbe dont raffolaient les félidés de l'époque, entre deux apéritifs carnassiers.

  Cette dernière sera à l'origine du dernier représentant,qui combattra le cornemuseur en l'an 1780. Il s'éteindra de sa belle mort en 1797 suite à des problèmes de ganglions et une cirrhose du foie.


  Suite au combat de 1780 où notre glorieux cornemuseur se fit dévorer par le lion de la commune, les carougeois décidèrent d'ériger le félidé vainqueur en emblème de la ville.
Si tout le monde connaît les armoiries carougoeises actuelles, peux de gens connaissent le véritable blason de la cité sarde. Les guerres et changements politiques survenus ces derniers siècles dans la commune ont effacé l'emblème original de nos mémoires pour ne laisser qu'une pâle effigie sans aucune véracité historique quant aux faits et gestes du digne carnassier.

  Le texte actuel dit ceci: De gueules au lion d'argent, regardant de face, reposant sur une terrasse de sinople, au pied d'un arbre naturel.

  Les héraldistes du siècle dernier ayant des connaissances limitées par le peu de documents en leur possession, ont interprété ce texte comme suit: Lion de couleur argent, sur fond rouge, regardant de face, reposant sur un parterre de couleur verte, et couché au pied d'un arbre.

  Si une petite partie du texte est correcte, quelques rectifications doivent y être apportées. Le texte du blason a été remis ces dernières années à un éminent héraldiste européen en la personne du Dottor Cavaliere Stefano Monetti della Grancassa qui après de nombreuses recherches, nous éclaire sur le document de la manière suivante.
De gueules: qui à tout le temps la gueule ouverte, rugissant, ou passant commande
Lion d'argent: animal ayant une grosse fortune pécuniaire.
De face: En fait ce terme désigne la vision de face qu'avaient les clients attablés à la terrasse du lion rouge quand le félidé commandait une bouteille de Shiant-Bagne.
L'illustration ce cet acte ne pouvant donc se faire que sur le côté. Terrasse de sinople: mobilier du bar de couleur rouge (du latin sinopis).
Arbre au naturel: platane de la place du marché, non bétonné apparaissant sur fond de ciel bleu.

  Cet avec ce nouvel éclaircissement quant au texte d'époque que des recherches ultérieures ont permis de retrouver dans les archives de Turin, l'emblème de la cité sarde tel qu'il fut érigé en 1786, et représentant de manière plus authentique les faits et gestes de notre lion communal.

  La traduction définitive est la suivante:

Armoiries de Carouge, version cornemuses
Lion fortuné se reposant sous un arbre et rugissant en face d'un café ayant une terrasse rouge, pour commander une bouteille.