HARMONIE-FANFARE

Musique municipale officielle de la ville de Carouge.

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Anecdotes, Fanfaronades, Commerages et Autres Ragots de la Société
le tout traité avec malice et mauvaise foi.
NUMÉRO 03 LUNDI, 11 JANVIER 2010 GRATUIT

Petit historique de la cornemuse dans la cité sarde & anecdotes diverses (part 1)
 
Par le pipe major
Un membre de la MMC


P our répondre à une question récurrente de la population carougeoise: 'Pourquoi a-t-on des cornemuses à la Musique municipale de Carouge ?', je vous laisse avec l'explication historique écrite par le pipe major qui justifie cette présence. Tout cela dans le seul but d'informer bien sûr.



  L'histoire raconte, qu'en l'an de grâce 1780 un cornemuseur vint s'installer à Carouge.
logo de l'historique des cornemuses
De gueules au lion d'argent, regardant de face, reposant sur une terrasse de sinople, au pied d'un arbre naturel.
  Un soir qu'il s'exerçait, les habitants pris de panique par ces sons diaboliques, crûrent être attaqués par les trolls et gobelins vivant au-delà de l'arve (actuellement Genève).

  Qu'elle ne fût leur stupeur en constatant que ce tintamarre provenait de l'instrument de ce nouveau venu. Passé ce premier instant d'effroi un plan machiavélique leur vint à l'esprit. En ce temps, les carougeois avaient à affronter un terrible lion qui semait terreur et mort dans les campagnes alentours. Ordre fut donné au musicien d'affronter la bête qui se terrait sous les caroubiers de la place du marché.

  En date du mois de juillet de cette même année, l'affrontement eut lieu. L'homme et l'animal se toisèrent du regard et se jaugèrent. En un éclair le félin s'élança sur le musicien. Voyant son rival bondir le cornemuseur souffla de toutes ses forces dans son instrument et commença à jouer. Surpris par ces sons terribles le lion stoppa net son élan et se boucha les oreilles à l'aide de ses pattes. Sentant la victoire proche, le musicien s'avança pour contraindre le roi des animaux à abdiquer. Mais au moment crucial où il allait capituler, des caroubes se détachèrent de leurs branches et vinrent obstruer les bourdons de l'instrument, le privant définitivement de ses sons. L'instrument se tût, l'animal se redressa, bondit, et dévora son adversaire. De cette lutte, ne restât sur la place; au pied d'un caroubier, qu'un instrument lacéré et un tas d'ossements et de chair, rappelant la forme d'une araignée gisant par terre. Le lion triomphant se fît ériger en emblème de la ville, les autorités déracinèrent tous les caroubiers de la place, et les remplacèrent par des platanes afin de ne plus porter préjudice aux musiciens de la commune.

  Et depuis, pour commémorer ce tragique combat, les cornemuseurs de la ville se réunissent autour d'une araignée de boeuf, afin de pérenniser le souvenir de leur glorieux ancêtre.

  Suite à ce combat funeste, les autorités de la commune durent se résigner à ensevelir les restes du pauvre homme. Mais comme ce dernier n'était point trépassé de mort naturelle, une autopsie devait être pratiquée afin d'établir la cause réelle du décès.

  Le soucis fut de trouver le légiste pour ce travail, mais point d'homme exerçant cette science n'était établi en la cité sarde. Une requête fut donc portée au roi des gobelins (syndic de Genève) afin de mander leur meilleur homme pour résoudre cette affaire et enterrer décemment le cornemuseur.
  Le 8 juillet de l'an 1780, soit quatre jours après le combat, arriva l'investigateur du royaume troll ( contée située autour de la ville de Genève ) et ses gens d'arme, en la personne de Johan-Marcus de Haute-Route, shérif du village et lieux-dits des déments, situé aux abords de la plaine marécageuse du Palais.

  Ce dernier se fit fort de ramasser les quelques hardes et lambeaux gisant par terre, et de recomposer l'affaire afin d'en discerner les éléments vitaux pour son enquête. L'autopsie dura trois jours et deux nuits, dans laquelle furent nécessaires, trente-deux gigots vignerons, vingt-deux foies gras d'oies au naturel, un boeuf wellington, quarante-trois poulardes farcies, et vingt-cinq tonnelets de vin du hameau de sézenove. A la fin du troisième jour, l'investigateur réunis les doctes, le lion, et le peuple carougeois afin de leur livrer les conclusions de l'affaire, en ces termes.
conclusion est donnée quant à son trépas.
Suite à un combat titanesque contre la mascotte de la ville, il cessa de se battre suite à une blessure au coeur et à l'arrêt de ce dernier. Blessure causée par des perforations dentaires situées entre côtes. "
Le peuple et le lion applaudirent le verdict de l'enquête et purent ainsi bénir, enterrer les restes du musicien et festoyer gaiement autour de sa dépouille.

  Les commémorations annuelles du combat allèrent bon train les années suivantes, mais un vent de contestation quant au menu, se répandit. Si une majorité de gens prenait comme fait la forme du gisant qui fut retrouvée suite au combat, d'autres commémoraient le verdict officiel de son décès. C'est ainsi que pendant plusieurs siècles, la commune fut divisée entre les arachnéens et les entrecôtistes. Les débats durèrent longtemps et une réconciliation définitive fut signée lors des accords de Capon, en juin 2009, autorisant les deux menus lors des commémorations.

  Au début du XVIIIe siècle, deux amoureux ne supportant plus les contraintes familiales décident de fuir leur clan et se réfugient dans les Shiant Isles (prononcez Chiant) au nord-ouest de l'écosse. Joseph est charpentier et Mary couturière, l'île où ils accostent n'est habitée que par des oiseaux et des rongeurs, mais malgré cela ils y battissent leur maison et décident d'adopter le nom de l'île comme nom de famille.
  C'est ainsi que le 24 décembre 1724 dans la maison familiale, entouré de ses parents d'un guillemot et un rat noir, nait le petit Peter Shiant. L'enfance est tranquille voire ennuyeuse, l'un des rare divertissement de l'enfant est de courir derrière les moutons de la ferme, de les saisir et les plaquer fermement sous son bras afin de les faire bêler. La passion pour la cornemuse vient de germer dans sa tête. Voyant cela ses parents décident de lui en fabriquer une avec la peau de Everet, la mascotte du troupeaux et les pieds de l'une des tables du salon.

  Grâce à ce magnifique instrument Peter deviendra l'un des meilleurs cornemuseurs de l'île puis d'écosse. A l'âge de vingt trois ans, il décide de partir jouer dans le vaste monde, Angleterre,France, Espagne, Portugal, Italie, il est reconnu et apprécié partout où il se produit, tellement son art et sa pratique sont parfaits. Tant et si bien que lorsqu'on demande dans les villes et villages quel est le spectacle en préparation, la réponse est unanime: " concert de cornemuse, c'est Shiant " La formule sera souvent reprise, mais répétée et déformée au cours des siècle, laissant sous-entendre une certaine lassitude. Il était donc nécessaire de rétablir une vérité historique quant à cet aphorisme.

  La gloire de cet artiste croît au fil des ans, jusqu'à ce mois de juin 1780. Ayant connaissance du passage imminent de ce musicien dans sa contrée, le comte de Veyrier s'empresse de l'inviter dans son domaine, afin d'offrir une soirée de divertissement à ses concitoyens. La soirée est somptueuse et Peter est convié à s'installer dans le village pour quelques jours, à l'hostellerie du Salève. Peter est attablé le lendemain dans cette auberge, lorsqu'il perçoit une étrange discussion, à l'une des tables de l'établissement. Il s'agit d'un vendeur de volailles appelé 'Glaudius' et son compère, un malandrin carougeois nommé Momo le Noir. Se plaignant de fortes douleurs au niveau de ses callosités plantaires, et présentant que ses nerfs sont à bout, il tonitrue au milieu de l'estaminet en ces termes: " T'as raison Momo, il faut que j'aille consulter ce podologue à Carouge avant que cette corne m'use. " A ces mots, et ne percevant pas toute les subtilités de la langue française, Peter se persuade que la cité sarde est finalement l'endroit qu'il recherchait depuis si longtemps. Mal lui en prend, vous connaissez la suite.